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Achats Responsables en 2026
Comment passer à l’action ? Retour sur le baromètre de l’ObsAR
Pourquoi ce baromètre est un miroir essentiel pour les organisations ?
Le 9 juin 2026, l’Observatoire des Achats Responsables (ObsAR) a dévoilé sa 16ème édition du Baromètre des Achats responsables, issue d’une enquête menée auprès de 550 organisations entre décembre 2025 et mars 2026. Ce baromètre, réalisé en partenariat avec Manutan, Aprovall, Zei et le groupe Afnor, offre un panorama des pratiques en matière d’achats responsables en France. Mais au-delà des chiffres, il révèle un décalage persistant entre les intentions, les engagements et les mises en œuvre, un constat que CorpoKarma observe quotidiennement sur le terrain auprès de ses clients.
Pourquoi ces résultats nous intéressent-il particulièrement ? CorpoKarma accompagne depuis plusieurs années les organisations dans la transformation de leurs chaînes de valeur, avec une double expertise : la décarbonation des achats, pour aider les donneurs d’ordres à mesurer, réduire et compenser leurs émissions scope 3 tout en embarquant leurs fournisseurs dans une dynamique vertueuse, et la gestion des risques ESG, pour identifier, évaluer et mitiger les vulnérabilités de sa chaînes d’approvisionnement.
Or, à partir du 21 août 2026, la commande publique intégrera systématiquement l’environnement dans ses critères. Cela concerne bien évidemment les acheteurs publics, mais également toutes les entreprises répondant au marchés publics, qui vont devoir se positionner de manière plus ambitieuse sur leur durabilité. Dans ce contexte, le baromètre ObsAR 2026 est donc à la fois un état des lieux des pratiques et grandes tendances, mais c’est également un appel à l’action pour les organisations qui veulent anticiper les exigences réglementaires et sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.
1. Elaborer une stratégie n’est qu’un premier pas vers les achats responsables 
Avec 96 % des organisations ayant désormais mis en place une stratégie Achats Responsables (dont 25 % depuis moins de deux ans), le baromètre confirme que la démarche s’est imposée comme une priorité. Ce chiffre, en hausse constante, illustre une prise de conscience généralisée : les achats responsables deviennent un levier stratégique pour répondre aux attentes des parties prenantes, aux exigences réglementaires (Loi Climat et Résilience, Devoir de Vigilance, VSME/CSRD…) et aux enjeux climatiques.
Les quatre piliers de mise en œuvre se renforcent : une politique Achats Responsables rédigée est désormais en place dans 67,4 % des organisations, une charte formalisée dans 63 %, une évaluation des fournisseurs dans 62 % et des engagements chiffrés et publics dans 41,2 %. Ces éléments reflètent une maturité croissante dans la formalisation des démarches, où la transparence et la formalisation des engagements deviennent des standards.
Pourtant, cette avancée masque une réalité plus contrastée : si les organisations savent ce qu’il faut faire, toutes ne peuvent pas, ou ne savent pas, le mettre en œuvre avec l’efficacité requise. Chez CorpoKarma, nous observons souvent des organisations qui élaborent des stratégies et définissent des grandes orientations, sans savoir précisément comment les mettre en oeuvre pour transformer leurs pratiques : les cahiers des charges intègrent des exigences RSE mais sans critères d’évaluation clairs, les fournisseurs sont évalués mais sans suivi dans le temps ni plan de progrès, et les engagements sont publics mais sans indicateurs de performance pour en mesurer l’impact.
Or, sur le long terme, une stratégie sans plan d’action entraine une perte de crédibilité auprès des parties prenantes (clients, investisseurs, régulateurs). Pour éviter ce piège, il faut aller au-delà de la formalisation et intégrer les achats responsables dans le quotidien des équipes. Chez CorpoKarma, nous accompagnons nos clients dans l’alignement des processus achats sur les objectifs RSE, la création de tableaux de bord pour suivre la performance des actions mises en place et la formation des équipes pour qu’elles comprennent pourquoi et comment appliquer ces nouvelles exigences.
2. Un déficit criant en compétences et en moyens 
A propos de formation justement, le baromètre révèle un paradoxe qui témoigne clairement de cet écart entre formalisation des engagements et déclinaison opérationnelle : plus de 4 organisations sur 10 n’ont pas organisé de formation en achats responsables depuis plus d’un an. Mais comment prétendre déployer une stratégie aussi complexe, transversale et évolutive sans outiller ses équipes en compétences ? Imaginer une démarche d’achats responsables sans formation revient à construire une maison sans fondations. Sans compréhension profonde des enjeux, les équipes se retrouvent démunies face à des sujets imbriqués, des enjeux interorganisationnels et des cadres réglementaires en évolution constante. Sur le long terme, ils ne peuvent donc pas intégrer pleinement ces enjeux dans leur métier.
Un client que nous avons accompagné en 2025 avait formalisé une politique Achats Responsables et signé des engagements publics, mais ses acheteurs ne savaient pas comment évaluer un fournisseur sur des critères ESG. Cela paralysait à la fois notre client et ses sous-traitants : d’un côté, ce dernier ne parvenait pas à récupérer des informations harmonisées et exploitables de part un cahier des charges trop flou. De l’autre, les fournisseurs ne comprenaient pas les attentes et ne savaient pas quelle démarche engager pour améliorer leur propre performance. Après un programme de formation sur-mesure mené par notre équipe RSE, à base d’ateliers pratiques, et d’élaboration collective d’outils d’évaluation, les équipes ont gagné en autonomie et la démarche a pris en crédibilité.
Par ailleurs, le baromètre met également en lumière, sans surprise, que le manque de ressources arrive en tête des difficultés (cité par 47 % des répondants), suivi de près par les contraintes budgétaires (32 %), un sujet qui concerne désormais toutes les tailles d’entreprises, des PME aux grands groupes. Ce constat est d’autant plus préoccupant que les exigences réglementaires s’intensifient (comme on peut le voir avec la commande publique à partir du 21 août), que les attentes des parties prenantes se durcissent et que les risques juridiques, opérationnels, réputationnels augmentent. Sans investissement humain et financier, les ambitions restent lettre morte, et les organisations prennent du retard face à leurs concurrents.
Pour débloquer les moyens, il est essentiel de prioriser les actions en fonction de leur impact et de leur faisabilité, d’optimiser les budgets en mutualisant les coûts et de démontrer le ROI des achats responsables. Nous avons par exemple accompagné un client industriel dans l’analyse des risques matières premières, en cartographiant les principales MP utilisées, leur poids dans le CA, leur criticité dans les produits clients, les risques ESG associées, et en embarquant conjointement équipes R&D et Achats dans la réflexion autour des fonctions remplient par chacune de ces matières premières pour en challenger la pertinence et la capacité de substitution.
3. La décarbonation des achats, un impératif qui peine à trouver ses moyens 
Près de 30 % des organisations sont engagées dans la décarbonation de leurs achats depuis plus de cinq ans, principalement pour réduire leur impact environnemental et répondre aux engagements pris par leur direction (Accords de Paris, SBTi, etc.). Les deux tiers des répondants ont bien déployé des éléments de pilotage (objectifs chiffrés, échéances, cartographie des parties prenantes), mais quatre sur cinq estiment que les moyens alloués restent insuffisants.
La décarbonation des achats est l’un des défis les plus complexes des achats responsables. Elle implique une compréhension fine des émissions scope 3, généralement autour de 80 % de l’empreinte carbone d’une organisation, mais nécessite surtout une collaboration étroite avec les fournisseurs pour collecter des données et co-construire des plans de réduction et des outils et méthodologies adaptés. Or, aujourd’hui, 45 % des organisations ne mesurent pas la maturité carbone de leurs fournisseurs et 56 % n’analysent pas les risques climatiques auxquels sont exposés leurs fournisseurs. On constate que la collecte de données de type Product Carbon FootPrint pour chaque achat reste balbultiant et se confronte à des enjeux méthodologiques forts (référentiels méthodologiques pluriels, indispensable Data Quality Rating pour évaluer les données reçus…)
Or sans ces leviers opérationnels, les organisations ne peuvent pas embarquer leur chaîne de valeur dans une dynamique de réduction des émissions. Chez CorpoKarma, nous accompagnons nos clients dans une démarche structurée de décarbonation des achats qui repose sur la cartographie des émissions scope 3 pour identifier les catégories d’achats les plus émettrices et les prioriser en fonction de leur impact carbone et de leur importance stratégique, l’évaluation de la maturité carbone des fournisseurs grâce à des diagnostics pour mesurer leur niveau d’engagement et un benchmarking pour comparer les performances entre fournisseurs, la co-construction de plans de réduction via des ateliers collaboratifs avec les fournisseurs pour définir des objectifs réalistes et un accompagnement technique et le suivi et l’amélioration continue à travers des tableaux de bord pour suivre les progrès et des audits réguliers pour vérifier la conformité. Nous travaillons aussi à la maille produit, à accompagner clients et fournisseurs, dans des programmes de collecte PCF, adaptés au secteur et aux produits concernés.
4. Gestion des risques ESG : l’angle mort qui expose les organisations 
La gestion des risques ESG est un autre élément remarquable de ce baromètre. 64% des organisations mènent des analyses de risques. Mais 36,4 % des organisations ne réalisent toujours aucune analyse de risques ESG, alors même que ce travail est le premier pas essentiel pour sécuriser sa chaîne d’approvisionnement. Dans un monde de plus en plus fluctuant, marqué par des tensions géopolitiques comme la guerre en Ukraine ou les tensions Chine/USA, par des crises économiques, par des bouleversements climatiques ainsi que par des pressions croissantes sur les ressources, ne pas analyser les risques ESG expose les organisations à des ruptures de chaîne d’approvisionnement, à des sanctions juridiques (Devoir de vigilance), à des pertes financières et à des risques réputationnels.
Notre méthodologie privilégiée pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement repose principalement sur la cartographie des risques pour identifier et analyser les catégories d’achats les plus vulnérables. Nous travaillons à analyser les risques bruts pour fournir une base de compréhension commune aux différents acheteurs, puis à déterminer les risques nets, grâce aux outils mis en oeuvre. Nous privilégions une méthode de scoring des risques personnalisée pour prioriser vos actions : en fonction des clients, les analyses de risques par catégories d’achats, par pays ou par spend doivent être croisées, et les outils à mettre en oeuvre doivent être déclinées pour permettre aux acheteurs de concentrer leurs efforts là où se trouvent les enjeux les plus importants. Le travail de cartographie est en effet pertinent s’il permet d’adapter le questionnaire d’évaluation des fournisseurs, une pratique qui n’est réalisée que par 11% des répondants.
5. La collaboration : le grand défi (et la grande opportunité) des achats responsables 
Si cette dernière notion est moins explicitée dans ce baromètre, il nous parait pourtant essentiel de l’aborder, car le constat de l’obsAR laisse sous-entendre clairement que la collaboration sur l’ensemble de la chaine de valeur est une solution majeure. Que ce soit avec les fournisseurs, les autres donneurs d’ordres ou les parties prenantes internes, la réussite des démarches dépendra de la capacité des Directions Achats à fédérer un écosystème. Pourtant, les obstacles sont nombreux : la complexité du sujet concerne 65,7 % des répondants, le manque de temps et de ressources touche 49,1 % d’entre eux et le manque de maturité des fournisseurs est cité par 43,9 %.
Ces freins traduisent une maturité encore limitée de l’écosystème achats/fournisseurs. Pourtant, les bénéfices de la collaboration sont tangibles : 43,9 % des organisations estiment que leur stratégie d’engagement des fournisseurs contribue à atteindre les objectifs globaux de décarbonation et 41,3 % y voient une amélioration de la relation fournisseur (et donc un retour sur investissement sur le long terme). Par ailleurs, plusieurs principes sont mis en place dans le cadre de la stratégie d’engagement avec les fournisseurs : 66 % des Directions Achats privilégient l’incitation pour engager les fournisseurs, en partageant leurs objectifs (45,2%), et en cherchant à collaborer avec les fournisseurs plus matures pour progresser (26,5%).
Pour dépasser les blocages individuels et passer à l’échelle supérieure dans la décarbonation de son scope 3, nous misons sur une logique collective avec nos clients. Pour le secteur de la santé par exemple, nous avons monté une promotion collective de décarbonation parrainée par Sanofi, en accompagnant de manière personnalisée 10 entreprises principalement fournisseurs du grand donneur d’ordre. Cet accompagnement, basé sur la méthodologie Act Pas à Pas de l’ADEME permet de cumuler un accompagnement individuel de chaque industriel, à travers l’élaboration d’une stratégie Climat et la déclinaison en plan d’action, tout en entretenant une dynamique collective et collaborative pour partager son expérience, fédérer une communautés d’apprentissage et favoriser les échanges de bonnes pratiques. Grâce à ces échanges et ces temps collectifs, les différents fournisseurs peuvent ainsi partager leurs besoins, leurs difficultés et ensemble créer des synergies pour identifier des solutions communes et générer des innovations.
Nous sommes en train de créer une promotion collective de décarbonation Act pas à pas pour les industries du secteur de la défense. Intéressé ? Contactez notre responsable de la promotion troulin@corpokarma.com
6. Pour aller plus loin : vers une généralisation des bonnes pratiques ? 
Le 16ème Baromètre de l’ObsAR dessine un panorama en mouvement : les achats responsables sont désormais une priorité stratégique pour la quasi-totalité des organisations, les socles de formalisation se renforcent et la décarbonation et la gestion des risques deviennent des enjeux centraux. Mais les défis restent immenses : il faut former les équipes pour qu’elles maîtrisent les enjeux et les méthodes, allouer des moyens suffisants pour passer de l’intention à l’action, collaborer avec les fournisseurs pour coconstruire des solutions durables et s’appuyer sur des référentiels reconnus, comme les normes ISO, pour structurer la démarche.
Notre vision chez CorpoKarma est que la prochaine révolution des achats responsables passera par l’intégration systématique des critères ESG dans les processus, au-delà des simples déclarations d’intention. Nous encourageons le déploiement de formations ambitieuses pour que chaque acteur comprenne son rôle et ses leviers d’action. Surtout, nous sommes convaincus que la collaboration renforcée avec les fournisseurs permettra de passer à l’échelle supérieure et co-construire des solutions durables.
Le baromètre ObsAR 2026 est un miroir : il reflète les progrès, mais aussi les retards. À nous, acteurs de la transition, de transformer ces constats en actions concrètes.
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